Pourquoi le marketing mondial ne peut se passer de l’intuition humaine

Starbucks Corée a fermé plus de 2 000 succursales plus tôt pour former son personnel, après une campagne pourtant correctement traduite. Cet article montre qu’un nom de produit, un concept et une date de lancement ont créé un sens que personne n’avait voulu, et que c’est le contexte culturel, et non l’exactitude linguistique, qui décide si un message passe.
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La technologie a permis aux marques de communiquer plus facilement que jamais au-delà de leurs frontières. Les campagnes peuvent désormais être traduites et adaptées à plusieurs marchés plus rapidement que la plupart des équipes de marketing n’auraient pu l’imaginer il y a à peine une décennie. Mais le fait de pouvoir rejoindre un public ne garantit pas qu’on le comprenne. 

Starbucks Corée en a fait l’expérience plus tôt cette année lorsqu’elle a fait la promotion de gobelets réutilisables appelés « tanks » dans le cadre d’une campagne intitulée « Tank Day » en mai. Ce terme désigne les gobelets de la marque, mais signifie également « char d’assaut » en anglais.   Le problème ne venait pas d’une mauvaise traduction, mais plutôt d’un manque de recul. Le 18 mai marque l’anniversaire de la répression meurtrière par l’armée sud-coréenne du soulèvement de Gwangju en 1980, ce qui a donné une connotation militaire bien involontaire à la campagne, que l’entreprise n’avait pas anticipée.

La controverse a donné lieu à des manifestations, à des appels au boycott, à des excuses et au retrait de la campagne. Starbucks Corée a par la suite mis en place une formation sur la sensibilisation à l’histoire et à la culture locale, à l’intention de ses employés.

Cet incident met en lumière un défi croissant pour les entreprises. L’IA et l’automatisation peuvent accélérer la création et l’adaptation de contenu, mais elles ne peuvent garantir qu’un message sera compris et interprété comme prévu. À mesure que le marketing devient plus facile à déployer à grande échelle, il devient encore plus important de comprendre les personnes qui en sont les destinataires.

Un message peut être exact sans être approprié

Les erreurs de marketing international sont souvent attribuées à une mauvaise traduction. La controverse autour de Starbucks illustre bien à quel point le problème peut être bien plus complexe.

Il n’y avait rien de fondamentalement erroné dans l’utilisation du mot « tank ». Le problème résidait dans le sens qui en découlait lorsque le nom du produit, le concept de la campagne et la date se combinaient dans un contexte culturel et historique particulier. Les consommateurs ont perçu une association que les spécialistes du marketing semblaient avoir négligée.

La langue fonctionne toujours ainsi. L’humour, l’argot, les images, les dates, les symboles et même les mots courants peuvent véhiculer des associations qui varient d’un pays à l’autre et d’une communauté à l’autre. Deux publics peuvent recevoir le même message et l’interpréter de manière très différente.

La traduction et l’adaptation culturelle ne sont pas interchangeables. La traduction consiste à vérifier si la formulation est exacte, tandis qu’une adaptation efficace pose une question plus large : ce message a-t-il du sens pour le public ? Cette distinction devient d’autant plus importante à mesure que les entreprises s’appuient sur la technologie pour communiquer sur plusieurs marchés simultanément.

L’IA accélère la croissance du marketing mondial, mais aussi les erreurs

L’IA a éliminé bon nombre d’obstacles au marketing international. Les équipes peuvent traduire des textes, générer des variantes, effectuer des recherches sur les publics internationaux, réutiliser du contenu et adapter des campagnes à différents canaux en une fraction du temps qu’il fallait auparavant. Pour les entreprises opérant sur plusieurs marchés, cela a constitué un gain considérable en termes d’efficacité et d’échelle.

Mais l’automatisation peut aussi propager une erreur de jugement tout aussi rapidement qu’une bonne idée. Des formes de communication comme l’humour, l’argot, l’ironie et les références culturelles dépendent fortement du contexte, ce qui explique pourquoi les systèmes d’IA ont du mal à les repérer et à les corriger.

L’IA peut analyser des renseignements sur un public, mais la compréhension culturelle ne découle pas d’un ensemble de faits. Le sens est influencé par l’histoire, les normes sociales, l’actualité et des associations qui peuvent sembler évidentes à une personne issue d’une culture donnée, mais pas à quelqu’un qui en est étranger. 

L’automatisation permet de déployer des actions à grande échelle. L’IA peut, par exemple servir à traduire une campagne en 10 langues. Toutefois, le jugement humain demeure nécessaire pour déterminer si la campagne est pertinente sur l’ensemble de ces 10 marchés.

L’adaptation culturelle doit précéder la traduction

Si l’expertise locale n’intervient dans le processus qu’après l’élaboration d’une campagne, la plupart des occasions d’éviter un problème sont déjà perdues.

De nombreuses entreprises abordent le marketing international en élaborant d’abord une campagne centrale, puis en l’adaptant à chaque marché. Cette approche peut fonctionner lorsque les changements sont principalement d’ordre linguistique, mais elle devient plus délicate lorsque la campagne véhicule des connotations qui ne se transposent pas culturellement.

Une adaptation culturelle efficace doit commencer plus tôt. Elle peut nécessiter de collaborer avec des experts locaux, des locuteurs natifs et des équipes de marketing sur place afin d’adapter le langage, le visuel et l’image de marque aux attentes, aux valeurs et aux expériences d’un public spécifique.

Nous le constatons dans notre propre travail chez Tansley. Lorsque nous élaborons des campagnes pour des clients qui communiquent sur différents marchés ou dans différentes langues, l’adaptation ne se résume pas à une simple traduction de textes. Cela signifie prendre en compte le public cible dès l’élaboration de la stratégie et des messages, afin que le contexte culturel façonne le travail dès le départ plutôt que d’être vérifié une fois celui-ci terminé.

Les connaissances locales peuvent éclairer les points suivants :

  • Concept : L’idée centrale est-elle acceptable pour ce marché ?
  • Langage : La formulation pourrait-elle véhiculer des significations ou des associations involontaires ?
  • Création : L’imagerie, l’humour, les symboles ou les références pourraient-ils être interprétés différemment ?
  • Calendrier : Le lancement coïncide-t-il avec des événements culturels ou historiques importants ?
  • Réaction : L’équipe locale a-t-elle le pouvoir de soulever des préoccupations avant la mise en ligne d’un contenu ?

L’objectif n’est pas de rendre chaque campagne mondiale complètement différente, mais plutôt de déterminer quels éléments s’adapteront bien à l’international et lesquels doivent être ajustés.

L’expertise locale nécessite plus qu’une simple place à la table de discussion

Il ne suffit pas d’inclure des intervenants locaux dans le processus si leur rôle se limite à simplement approuver une traduction.

Les personnes les plus proches du public ciblé doivent disposer d’une influence suffisante pour remettre la campagne en question. Ce sont elles qui sont les mieux placées pour reconnaître si un slogan n’est pas pertinent localement, si une image véhicule une association involontaire ou si une date apparemment ordinaire revêt une signification que l’équipe de marketing n’a pas remarquée.

Le jugement humain offre quelque chose de difficile à automatiser : la capacité d’interpréter le sens au sein même d’une culture plutôt que de simplement analyser l’information à son sujet. Sans cela, il peut y avoir de réelles conséquences commerciales. Starbucks Corée n’a pas simplement fait l’objet de critiques en ligne. L’entreprise a présenté ses excuses, retiré la promotion et, par la suite, fermé plus de 2 000 succursales plus tôt afin que les employés puissent participer à une formation sur la sensibilisation à l’histoire et à la culture locale.

L’examen des aspects culturels peut allonger le processus de marketing, mais corriger une erreur évitable après le lancement demandera bien plus d’efforts.

Sans perspicacité humaine, la technologie perd de sa valeur

La leçon à retenir ici n’est pas que les entreprises devraient moins recourir à la technologie. L’IA peut rendre les équipes de marketing plus efficaces et donner aux petites organisations accès à des capacités qui nécessitaient autrefois des ressources considérablement plus importantes. Le défi consiste à savoir quelles décisions ne doivent pas être déléguées et méritent d’être analysées par des intervenants qui connaissent bien le marché visé.

La technologie peut aider à produire et à diffuser un message. Il revient toutefois aux décideurs de déterminer si ce message est approprié et pertinent pour le public qui le reçoit.

Au sein de l’équipe de Tansley, nous croyons que la technologie a plus de valeur lorsqu’elle soutient une bonne stratégie plutôt que de s’y substituer. Comprendre le public, apporter les bonnes perspectives au processus et remettre en question les hypothèses avant qu’elles ne se transforment en campagnes demeurent des responsabilités fondamentalement humaines. Comme l’IA permet d’atteindre davantage de personnes dans davantage d’endroits, les entreprises ont une occasion en or d’élargir leur portée. L’essentiel est de s’assurer que la compréhension évolue au même rythme.

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Mathieu est directeur des stratégies SEO | SEM chez Tansley. Fort de plus de 20 années d’expériences comme entrepreneur en marketing numérique, il apporte une approche axée sur les résultats. Il excelle dans l’élaboration de stratégies numériques qui propulsent les marques au sommet de leur industrie, tout en valorisant des relations authentiques avec les clients.

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David Gascon

Directeur de la création et associé

La carrière de David Gascon mélange habilement créativité et leadership par le biais du cinéma et de la publicité, mais demeure marquée par sa passion profonde pour la narration visuelle. Après une formation de 6 années dans le milieu du cinéma, David a passé plus de deux décennies en tant que réalisateur, producteur et directeur de la photographie, influençant significativement le domaine. Il a également contribué à la formation de la relève du cinéma québécois, puisqu’il a occupé un poste d’enseignant pendant sept ans, en plus de diriger une école de cinéma à Montréal. Orientant son attention vers le design, David a cofondé son agence en 2019 et l’a rebaptisée Tansley en 2021, avec ses partenaires Mathieu Guérin et Erahm Christopher. En tant que directeur créatif de Tansley, il s’engage à autonomiser les entrepreneurs en façonnant des marques durables et en favorisant un environnement collaboratif où des talents divers peuvent s’épanouir. Chez Tansley, David embrasse l’opportunité de créer du contenu signifiant en contraste avec le tumulte ambiant, d’assister les entrepreneurs et de construire un héritage aligné sur ses aspirations personnelles et professionnelles. Ce rôle lui permet d’intégrer sa passion pour le cinéma et l’enseignement à son leadership en marketing, faisant de Tansley non seulement une entreprise, mais une extension de ses valeurs. David est un voyageur et un photographe passionné, capturant des scènes à couper le souffle de l’Islande à l’Indonésie. Lorsqu’il désire s’éloigner du travail, il aime particulièrement le camping et l’observation des ciels étoilés, qui lui permettent de se connecter avec la nature et d’échapper à l’agitation de la vie citadine. Bien qu’il soit heureux d’avoir atteint de nombreux jalons dans sa carrière, la plus grande source de fierté de David demeure son fils, Hadrien, qui l’inspire à apprécier chaque moment de la vie quotidienne.

Erahm Christopher

Chef stratège et associé

Erahm Christopher est à la fois un cinéaste accompli, un stratège social, un entrepreneur et un conférencier reconnu pour sa capacité à forger des connexions authentiques grâce à une narration percutante. Sa carrière a débuté lorsqu’il a créé l’influente série Teen Truth, qui l’a amené à aborder des questions cruciales dans des environnements difficiles à travers l’Amérique du Nord. Au fil du temps, Erahm a élargi son champ d’action, en fondant une entreprise de contenu éducatif, en réalisant le long métrage Listen et en pilotant des initiatives axées sur la promotion d’une saine santé mentale, dans de nombreuses communautés à travers le continent. Ses films et expériences en direct ont touché des audiences dépassant la marque des 8 millions d’individus. Erahm est également un auteur de renom ayant publié plusieurs livres, un conférencier TEDx ainsi qu’un contributeur au Washington Post. L’alliage de finesse narrative et de planification stratégique qu’il démontre dans ses projets lui a permis de travailler avec des gouvernements, des organisations à but non lucratif et des entreprises du monde entier. En 2020, Erahm a contribué au lancement de Tansley avec un objectif clair : révolutionner la façon dont les entreprises s’engagent auprès de leur public grâce à la narration. Pour le futur, Erahm est impatient de fusionner ses diverses expériences professionnelles pour améliorer la capacité de Tansley à élaborer des récits de marque signifiants qui parlent aux clients, tout en stimulant leur croissance économique. Lorsqu’il n’élabore pas de stratégies pour les clients de Tansley, Erahm aime se retrouver en plein air — que ce soit en ski durant la saison hivernale ou en kitesurf pendant l’été — et apprécie l’équilibre que ces activités apportent à sa vie bien remplie. Il chérit le temps passé avec sa famille, embrassant la philosophie selon laquelle la vie est mieux vécue avec un mélange de travail signifiant, de connexions et d’activités rassembleuses.

Mathieu Guérin

Directeur stratégies SEO | SEM et associé

Mathieu Guérin a affiné son expertise en marketing digital et en visibilité web pendant quinze ans, après avoir complété une formation en technologie des affaires et en commerce électronique de l’UQAM. En tant que directeur de la technologie chez Tansley, Mathieu met de l’avant des stratégies qui font plus que fonctionner ; elles réussissent, apportant des victoires quantifiables à nos clients. Mais il est bien plus que le cerveau technophile derrière Tansley ; c’est un visionnaire qui a fondé et dirigé deux entreprises prospères, maîtrisant le monde complexe des stratégies numériques qui élèvent les marques au rang de leaders au sein de leurs industries respectives. Chez Tansley, Mathieu trouve l’environnement idéal pour appliquer son approche dynamique axée sur les résultats, veillant à ce que les stratégies soient exécutées à la perfection, pour s’assurer que les clients surpassent leurs objectifs. Mathieu apprécie particulièrement les paramètres concrets et les relations authentiques avec le client qui définissent notre travail chez Tansley. Lorsqu’il s’éloigne du paysage numérique, Mathieu recherche la tranquillité ou l’adrénaline sur les pistes de ski, où il se ressource parmi les panoramas montagneux, tout en passant des moments de qualité en famille. Sa vie s’articule autour de trois valeurs fondamentales : la famille et les amis, le respect des autres et l’honnêteté. L’engagement et l’attention que Mathieu apporte à sa vie personnelle font également partie intégrante de sa vie professionnelle. Mathieu recherche continuellement de nouvelles opportunités d’améliorer ses compétences et s’efforce d’intégrer sa passion pour la technologie dans les stratégies commerciales, qu’il élabore chez Tansley.