Au début de chaque année, les réseaux sociaux regorgent de prédictions. L’IA va tout changer. Les vidéos courtes sont le seul contenu qui compte vraiment. La personnalisation sera enfin la clé du succès. De nouvelles tendances émergent, tandis que les anciennes sont rapidement jugées obsolètes, laissant les marques dans l’incertitude quant à la stratégie à adopter pour ne pas se faire distancer.
Le problème n’est pas que les tendances soient inutiles. C’est que la plupart des articles sur les tendances se limitent à la sensibilisation, sans offrir de grille d’évaluation. Il y a tellement d’informations sur ce qui est populaire que cela peut devenir accablant, au point où il devient nécessaire de clarifier ce qui mérite réellement d’être pris en compte, dans l’élaboration d’une stratégie.
Les tendances ne sont pas quelque chose à suivre aveuglément, elles doivent être filtrées. La bonne question n’est pas « Quelles seront les tendances en 2026 ? », mais plutôt « Quelles tendances sont suffisamment durables pour s’intégrer dans une stratégie à long terme, et lesquelles disparaîtront une fois l’engouement initial passé ? ».
Vous trouverez ci-dessous certaines des tendances les plus populaires du marché pour 2026 et notre point de vue dans une perspective à long terme.
Tendance n° 1 : « L’IA avant tout »
L’IA est omniprésente, en particulier dans les discussions marketing, de la création de contenu à l’expérience client. Selon McKinsey, l’adoption de l’IA a doublé à l’échelle mondiale depuis 2017, le marketing figurant parmi les cas d’utilisation qui connaissent la croissance la plus rapide.
Mais la disponibilité ne garantit pas la valeur. Les marques considèrent souvent l’IA comme un raccourci plutôt que comme un amplificateur. Sans positionnement clair, sans contributions solides et, surtout, sans jugement humain, l’IA peut aggraver les incohérences plutôt que les corriger. Plus de contenu et de données ne conduisent pas toujours à de meilleurs résultats.
Le point de vue de Tansley
L’IA présente un intérêt certain, mais uniquement en tant qu’infrastructure, et non en tant qu’identité. Les marques qui se démarqueront en 2026 ne sont pas celles qui remplacent la stratégie par l’automatisation. Ce sont celles qui utilisent l’IA pour favoriser une réflexion plus claire et une exécution plus rapide au sein de systèmes bien définis.
Tendance n° 2 : « La vidéo courte ou rien »
Les vidéos courtes restent très en vogue. Les formats que diffusent TikTok, Instagram Reels et YouTube Shorts génèrent une audience massive, et les études montrent systématiquement que les vidéos suscitent un engagement plus important que le contenu statique.
Mais la course à la production vidéo de ces dernières années a créé un nouveau type de pression : une production constante sans plan clairement défini. À force de rechercher le format viral les créateurs et les marques diluent leurs voix ou reprennent des tendances qui ne leur correspondent pas. Leur contenu est optimisé pour attirer l’attention, mais au détriment du sens. Cela conduit à un contenu qui peut performer ponctuellement, mais pas dans la durée ou dans le cadre d’une stratégie cohérente.
Le point de vue de Tansley
Les vidéos courtes fonctionnent mieux lorsqu’elles sont connectées à une démarche réfléchie, et non isolées. Si la vidéo s’inscrit dans une stratégie plus large qui soutient le récit de la marque, l’éducation du public et la distribution, alors elle mérite qu’on y investisse. Mais si elle n’existe que pour rester visible dans l’algorithme, cette approche est rarement viable à long terme.
Tendance n° 3 : « L’hyperpersonnalisation à grande échelle »
La personnalisation est souvent considérée comme le Saint Graal du marketing moderne. Une étude menée par Salesforce a révélé que plus de 70 % des consommateurs s’attendent à ce que les marques comprennent leurs besoins et leurs attentes. Malgré cela, la plupart des marques ont encore du mal à proposer un contenu personnalisé qui semble significatif plutôt que mécanique.
Une personnalisation sans clarté se limite souvent à une adaptation superficielle. Pensez aux prénoms dans les lignes d’objet ou aux publicités segmentées qui diffusent toutes le même message, de petits détails qui peuvent sembler personnels, mais qui manquent de profondeur. À long terme, la valeur ne suit pas.
Le point de vue de Tansley :
La personnalisation ne fonctionne que lorsqu’elle repose sur une réelle compréhension. Avant d’introduire des outils ou des systèmes automatisés, les marques doivent savoir à qui elles s’adressent, quels problèmes elles résolvent et pourquoi leur message est important. Lorsque les systèmes sont conçus à partir d’informations concrètes plutôt que d’hypothèses, la personnalisation devient un levier puissant plutôt qu’un exercice performatif.
Tendance n° 4 : « Croissance axée sur la communauté »
La communauté est un autre mot à la mode dans les conversations marketing. Les marques sont encouragées à constituer des audiences qui favorisent l’échange et à créer des espaces au-delà des plateformes traditionnelles. Mais la communauté est souvent confondue avec un canal à lancer, plutôt qu’avec une relation qu’il faut entretenir. Sans objectif clair ni leadership, la « communauté » devient simplement une plateforme supplémentaire à gérer, et l’élan et la confiance finissent par s’effriter.
L’avis de Tansley :
Il est utile de créer une communauté lorsqu’elle correspond à la raison d’être de votre marque. Lorsque les marques comprennent pourquoi les gens se rallient à elles (au-delà des produits et des promotions), la communauté devient alors une extension naturelle de la stratégie, et non un projet secondaire.
Alors, quelles sont les tendances qui méritent réellement d’être adoptées ?
Toutes les tendances suivent le même schéma :
- Les outils évoluent plus rapidement que la stratégie
- Les plateformes évoluent plus rapidement que la compréhension
- Les tactiques évoluent plus rapidement que la clarté
Les marques qui réussissent ne sont pas celles qui réagissent le plus rapidement ou le plus fortement. Ce sont celles qui font des choix délibérés quant à ce qui mérite leur énergie et leurs ressources.
Chez Tansley, nous nous concentrons moins sur ce qui fait du bruit et davantage sur ce qui dure :
- Les systèmes plutôt que les raccourcis
- Les écosystèmes plutôt que les tactiques ponctuelles
- La compréhension plutôt que la spéculation
Les tendances peuvent signaler une opportunité, mais elles ne constituent pas une stratégie en soi. Le véritable travail commence lorsque les marques prennent le temps de se demander si une tendance peut contribuer à construire quelque chose de plus solide ou simplement de plus médiatisé.





